Video: https://www.youtube.com/watch?v=d0eZNTTRHR4
Si vous demandez à un habitant de n’importe quel pays de l’ex-Union soviétique : « À quoi associez-vous les Ouzbeks ? », probablement au moins cinq sur dix vous répondront : le plov. Et peut-être même davantage.
En effet, le plov est bien plus qu’un simple plat national pour les Ouzbeks. Le plov est une partie intégrante de l’identité ouzbèke, de ses traditions et de sa vie quotidienne. Depuis la nuit des temps, le plov est un élément incontournable de tout événement important dans la vie des Ouzbeks. Sans plov, il est tout simplement impossible d’imaginer une fête ouzbèke.
Qu’il s’agisse d’un beshik tuy (fête du berceau), d’un sunnat tuy (circoncision), d’un mariage ou même d’un enterrement, le plov est un plat obligatoire à chaque étape de la vie ouzbèke. Enlever le plov aux Ouzbeks, ce serait comme leur enlever leur âme !
Ce n’est pas un hasard si, il y a quelques années, l’UNESCO a inscrit la recette du plov au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Et le record de presque 8 tonnes de plov cuisinées à Tachkent par 50 chefs n’a toujours pas été battu. Ce record a été officiellement enregistré par les représentants du Livre Guinness des records, qui ont surveillé de près le processus de préparation.

Dans cette vidéo, je souhaite partager avec vous mes impressions sur le plov auquel j’ai eu la chance d’être invité ce matin. Ce festin familial s’est tenu dans un kishlak (village) reculé d’Urgut, l’une des zones les plus densément peuplées de la région de Samarcande. Urgut est situé en zone montagneuse, à environ 50 km de Samarcande.
La fête a été organisée pour deux événements : le mariage d’un de mes amis, et en même temps le Sunnat Tuy de son petit neveu. Le sunnat tuy est la célébration de la circoncision des garçons, l’un des événements les plus importants dans la culture ouzbèke. D’ailleurs, une vidéo séparée est dédiée à cet événement sur notre chaîne.
Dans les villages ouzbeks, on combine souvent plusieurs événements en une seule fête, car les familles sont très nombreuses, il y a beaucoup d’invités, et il serait trop coûteux d’organiser une célébration séparée pour chaque occasion. Selon les traditions ouzbèkes, tous les proches, parents, voisins, collègues, etc. doivent être invités à ces événements familiaux importants. Cette coutume est respectée et perpétuée ici depuis des siècles.
Je voudrais d’abord vous donner quelques chiffres sur la célébration à laquelle j’ai été invité, afin que vous puissiez imaginer l’ampleur des fêtes familiales ouzbèkes.
Pour le plov du matin, 1300 personnes ont été invitées. La majorité étaient des hommes venus entre 7h00 et midi, puis de midi à 16h00, ce sont les femmes qui sont arrivées.

En tout, sept grands chaudrons de plov ont été préparés. Chaque chaudron contenait :
- 20 litres d’huile de tournesol, 10 litres d’huile de zigir (un mélange d’huiles de lin, de coton, de sésame et de graines de melon),
- 30 kg de bœuf,
- 60 kg de carottes,
- 60 kg de riz,
- Pois chiches, cumin noir (zira), sel et eau.
Le plov du matin a été préparé juste à côté de la maison des hôtes de la fête. Comme nous l’avons déjà expliqué dans une vidéo séparée consacrée au plov du matin (Nahor Osh), cela permet de répartir un peu l’affluence des invités. En général, les personnes âgées sont invitées le matin, tandis que les jeunes et les proches amis et membres de la famille sont conviés à la célébration principale en soirée. D’ailleurs, le soir même, 1000 autres invités ont été reçus dans un restaurant — mais je n’y étais pas présent. Si vous souhaitez en savoir plus sur un mariage ouzbek traditionnel, suivez le lien dans la description.
Revenons à notre plov. Je ne vais pas entrer dans les détails de la recette ni de la technologie de cuisson du plov, car il existe déjà des centaines de vidéos sur YouTube et d’autres plateformes à ce sujet.
Comme on peut le voir ici, le plov est traditionnellement préparé au feu de bois. Le bois donne au plov une saveur particulière qu’il est impossible de reproduire à la maison.
Le chaudron utilisé est généralement en fonte, avec un fond rond et profond. Chaque mahalla (quartier) possède au moins un grand chaudron commun, que les habitants peuvent emprunter gratuitement à tout moment.
La particularité du plov de Samarkand, c’est qu’il est préparé en couches. Les ingrédients — viande, carottes et riz — ne doivent pas être mélangés avant la fin de la cuisson. Cette technique est propre à la région de Samarkand.
Comme on peut le voir, de gros morceaux de bœuf sont d’abord jetés dans l’huile chaude. Ils sont volontairement grands pour éviter que la viande ne brûle pendant la cuisson — elle reste au fond du chaudron pendant plus d’une heure. C’est ce qui la rend si tendre une fois cuite.
Les carottes, préalablement coupées, sont ensuite empilées au-dessus de la viande. D’ailleurs, la découpe des carottes est un événement en soi : la veille de la fête, des dizaines d’hommes se réunissent pour les couper ensemble. À Samarkand, on utilise généralement des carottes jaunes — elles sont juteuses et moins sucrées que les rouges. On ajoute aussi des pois chiches et du cumin (zira). Le zira donne un goût unique à tout le plat. Il est difficile d’imaginer un plov de Samarkand sans zira.
Enfin, on ajoute le riz : il est préalablement trempé dans de l’eau tiède salée. Le riz ouzbek se distingue des autres variétés, car il ne se désagrège pas à la cuisson. C’est pourquoi, dans le plov ouzbek, chaque grain reste bien visible.

Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec la technique de cuisson du plov, je tiens à préciser qu’on y verse beaucoup d’eau, afin d’éviter que le fond du chaudron ne brûle et pour que le riz cuise correctement. Mais le secret du plov, c’est qu’à la fin, il ne doit pas rester une seule goutte d’eau. Toute l’eau doit s’évaporer. La viande doit être tendre, les carottes sucrées, le riz bien cuit, mais pas trop ! Si cette combinaison est réussie, alors le plov est une réussite !
Évidemment, lorsqu’on organise de si grands événements réunissant des centaines d’invités, ce sont des cuisiniers professionnels qui prennent le relais. Ce sont des cuisiniers spécialisés dans le plov. Ce métier se transmet généralement de génération en génération. Tout le processus est parfaitement réfléchi. Vous ne verrez jamais un cuisinier paniquer ou faire des gestes brusques. Tout est organisé, tout se déroule avec fluidité. Mais la responsabilité est immense : il faut nourrir 1300 personnes en quelques heures !
Comme on le voit, le plov est prêt. Le cuisinier le sert exactement comme il l’a cuisiné : d’abord le riz est disposé dans l’assiette, puis viennent les carottes avec les épices, et enfin la viande est déposée par-dessus.
Je ne peux pas décrire avec des mots le goût extraordinaire de ce plov ! Le mieux, c’est de venir en Ouzbékistan et de goûter vous-même à ce plat royal !
Merci beaucoup pour votre attention.
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