Destination

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ISTARAVSHAN

  • Coordonnées géographiques : 39°54′39″N 69°00′23″E 
  • Nom officiel : Istaravchan 
  • Altitude : 992 m 
  • Langue officielle : Tadjik
  •  Langues courantes : Tadjik, Russe 
  • Nationalités : Ouzbeks, Tadjiks, Russes, Tatars 
  • Population : 846 400 (en 2019)
  • Fuseau horaire : UTC+5 
  • Indicatif téléphonique : +992 34 
  • Code postal : 735610
Istaravchan est une ville située dans la région de Sughd, au nord du Tadjikistan. En 2000, le gouvernement tadjik a officiellement changé son nom, passant de Ura-Tyube à Istaravchan. Située dans les contreforts nord de la chaîne du Turkestan, la ville se trouve à 78 kilomètres au sud-ouest de Khujand, sur la route principale reliant Khujand à Douchanbé, les deux plus grandes villes du pays. Le territoire administratif de la ville couvre 1 830 km² et abrite une population de 273 500 habitants, dont 76 % vivent en milieu rural éloigné. Istaravchan est l’un des plus anciens centres de commerce et d’artisanat d’Asie centrale. En 2002, la ville a célébré son 2 500e anniversaire. Elle est également l’un des trois sites proposés pour être l’emplacement de l’ancienne Cyropolis, une ville fondée à la périphérie nord-est de l’Empire achéménide par le roi Cyrus au 6e siècle av. J.-C.

Localisation

Istaravchan se trouve dans le nord du Tadjikistan, dans les contreforts de la chaîne du Turkestan. Elle est située à 48 km de la gare ferroviaire de Khavast, à 73 km de Khujand, et à 268 km de Douchanbé.

Géographie

À une altitude de 1 140 mètres, Istaravchan s’étend sur une superficie de 900 km². À 6 km au sud de la ville se trouve le réservoir de Kattasoy, construit en 1965 pour fournir de l’eau et irriguer les terres agricoles voisines. Les principales sources d’eau sont les rivières Basmanda, Kattasoy et Shahristansoy. Le réservoir a une capacité totale de 55 millions de mètres cubes, une profondeur maximale de 15 mètres, et une superficie de 298 hectares lorsqu’il est plein.

Histoire

Souvent surnommée "la ville-musée", Istaravchan est un centre historique du commerce et de l’artisanat, et l’une des plus anciennes cités d’Asie centrale. Elle a fêté ses 2 500 ans d’histoire en 2002. Selon des sources historiques et archéologiques, aux 6e–4e siècles av. J.-C., l’essor des métiers artisanaux et du commerce dans les zones sédentaires d’Asie centrale a favorisé l’émergence de grandes villes, en parallèle des villages ruraux. À cette époque, des cités comme Samarkand coexistaient avec d'autres, dont Istaravchan, alors appelée Cyropolis (ou Kurushkada), en l’honneur de Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire achéménide (559–529 av. J.-C.). Cyrus aurait fondé la ville au 6e siècle av. J.-C., la dotant de trois murailles défensives et d’une citadelle. Cyropolis prospérait grâce au développement du commerce et de l’artisanat. Lorsque Alexandre le Grand conquit l’Asie centrale au 4e siècle av. J.-C., Kurushkada était déjà une grande ville fortifiée. Du 2e au 7e siècle de notre ère, Istaravchan abritait Mug Teppe, une résidence aristocratique connue pour ses châteaux impressionnants à l’architecture distinctive. Des découvertes archéologiques, comme les sites fortifiés de Bundzhikat (Kahkaha) et Chilkhudzra, témoignent de la présence de palais et de structures religieuses ornés de peintures murales et de panneaux sculptés. Une fresque remarquable découverte à Bundzhikat représente une louve allaitant deux nourrissons, un symbole des premiers échanges culturels entre l’Orient et l’Occident. Sur la colline de Mug (Mug Teppe), autrefois résidence des dirigeants locaux, il subsiste une porte monumentale avec dôme et colonnes latérales. Période islamique Sous la domination arabe, Istaravchan devint une province du califat arabe, période durant laquelle furent construits de nombreux édifices islamiques : mosquées, madrasas, mausolées et minarets. La ville connut un grand essor sous la dynastie samanide (9e–10e siècles). Invasions et renouveau Au 13e siècle, la ville fut détruite par les Mongols. Elle renaît au 14e siècle sous l’Empire timouride, période à laquelle elle fut renommée Ura-Tyube. Cependant, au 16e siècle, la ville déclina avec l’émergence de l’État shaybanide, qui établit sa capitale à Boukhara. XVIIIe–XIXe siècles Au 18e siècle, Ura-Tyube retrouva de l’importance grâce à la construction de remparts, à la restauration d’anciens bâtiments et à l’édification de nouvelles structures pour se défendre contre les invasions nomades. En 1866, la ville fut conquise par les forces russes. Un événement historique marquant eut lieu en 1861, lors d'une bataille entre les armées de Boukhara et de Kokand près d’Ura-Tyube. Le général Alimkul de Kokand y infligea une défaite décisive aux 18 000 soldats bukharans. Par la suite, la forteresse fut intégrée au khanat de Kokand. En 1886, Ura-Tyube fut annexée à l’Empire russe. Aujourd’hui, plusieurs monuments historiques et architecturaux témoignent du riche passé de la ville.

Archéologie

Des fouilles archéologiques menées en 1954 près d’Ura-Tyube ont permis de mettre au jour une grande plaque de schiste triangulaire, datant d’environ 100 000 ans, soit de la période moustérienne du Paléolithique moyen. De 1945 à 1947, Ura-Tyube a servi de centre administratif de la région éponyme au sein de la RSS tadjike.

Climat

Istaravchan bénéficie d’un climat méditerranéen continental, avec une température annuelle moyenne de 12,2 °C. Les précipitations sont plus importantes en hiver qu’en été, avec un total annuel d’environ 400 mm.

Industrie

Aujourd’hui, Istaravchan reste un centre important d’artisanat traditionnel, notamment connu pour : la sculpture sur bois la poterie la fabrication d’articles en cuir Depuis des siècles, la ville est aussi l’un des trois principaux centres de broderie artistique en Asie centrale.

Transports et tourisme

Istaravchan ne possède pas d’aéroport, et la route constitue le principal moyen d'accès. Les distances sont de : 300 km depuis Douchanbé 80 km depuis Khujand, capitale de la région de Sughd. Tourisme et gastronomie Les touristes peuvent profiter de la cuisine locale dans des restaurants et maisons de thé proposant des plats traditionnels tels que :
  • le plov (riz pilaf)
  • le kurutob (pain et yaourt)
  • des brochettes (kebabs)
  • la shurpa (soupe de bœuf ou d’agneau)
  • le mastoba (soupe de riz et viande)
  • les manty (raviolis vapeur)
  • le shakarob (salade de pain, tomates et oignons)
  • les sambusas (chaussons fourrés)
...et bien d'autres encore. Les services touristiques — transferts, réservations, guides, hébergements, repas — sont assurés par des agences de voyage basées au Tadjikistan, dont plusieurs disposent de succursales dans tout le pays.

Sites touristiques

Site archéologique de Mug Teppe Monument unique de l’époque achéménide, il présente des caractéristiques architecturales et culturelles distinctives. Ce site remonte aux 12e–4e siècles av. J.-C.

Musée historique et régional

Installé dans une ancienne église orthodoxe construite entre 1865 et 1867, le musée est l’un des plus anciens bâtiments en briques de la ville. Il est situé dans ce que les habitants appellent encore le "quartier russe", aux côtés de l’ancienne résidence du gouverneur, d’une école et d’autres bâtiments administratifs bien conservés.

Musée Darvoza-Dara

Musée ethnographique installé à l’intérieur d’un arbre creux ancien, il expose des dizaines d’objets retraçant l’histoire de la région et de ses habitants.

Monuments religieux

Ensemble Hazrati Shokh Il se compose de trois structures sacrées :
  • Mausolée Hazrati Shokh
  • Mausolée Khudoyor Valami
  • Mosquée Namazgoh
  • Mausolées
Sari Mazor : Structure en briques cuites avec chambre en croix voûtée, contenant une stèle funéraire en plâtre. Ajinahona : Supposé être la tombe de Bibi-Begimjon, descendante de Mahdumi Khorazmi. Chor-Gumbaz : Mausolée du tournant des 19e et 20e siècles, portant l’inscription "1321 Hijri" (1903). Abdulqadir Jeloni : Situé dans un ancien cimetière, ce monument du 16e siècle est une petite structure carrée en briques surmontée d’un dôme.

Mosquées

Mosquée Havzi Sangin : Dôme datant des 12e–16e siècles, surnommée "Mosquée de pierre" pour ses murs en pierre. Elle est nommée d’après un hauz (bassin d’eau) aux berges renforcées. Mosquée Abdulatif Sultan : Connue sous le nom de "Kok-Gumbaz" ou "Dôme bleu", elle constitue un repère majeur de la ville ancienne. Mosquée Bobo-Toga : Monument architectural des 16e–19e siècles, avec deux chambres et un portail voûté, supposée construite sur une tombe inconnue. Mosquée Mavlono Usmoni Charkhi : Située dans le quartier Obodi, cette mosquée du 19e siècle comprend un khanqah (salle de prière) à colonne unique, entouré sur trois côtés par un ayvan (galerie à colonnes).

Villes jumelées

Krasnoïarsk, Russie (depuis 2000)